Les Maths de Nadine
3
Chapitre 3

Fonctions du 2e degré — les paraboles

Quand x est élevé au carré, les droites se courbent : bienvenue dans le monde des paraboles, la courbe des ballons de foot et des jets d'eau.

Les paraboles

Une fonction du 2e degré, c'est une fonction avec un : f(x) = ax² + bx + c (avec a ≠ 0). Son graphe s'appelle une parabole : une belle courbe en « U » — ou en « ∩ » — parfaitement symétrique.

À retenir

Le signe de a donne le sens de la parabole : a > 0 → elle sourit (ouverte vers le haut) ; a < 0 → elle fait la grimace (ouverte vers le bas). Plus |a| est grand, plus elle est étroite.

Le point le plus bas (ou le plus haut) s'appelle le sommet S. La parabole est symétrique par rapport à la droite verticale qui passe par le sommet : son axe de symétrie.

Il existe une façon d'écrire la fonction qui montre directement le sommet : la forme canonique.

Définition

f(x) = a(x − α)² + β  ⟹  sommet S(α ; β), axe de symétrie x = α

Attention au piège de signe : dans (x − α)², si tu lis (x − 3)² alors α = 3 ; si tu lis (x + 2)², c'est (x − (−2))² donc α = −2.

Interactif

La parabole interactive

Mets a à une valeur négative : la parabole bascule. Bouge α et β : le sommet rouge suit partout.

Jeu

Devine la courbe

Voici l'équation d'une parabole — mais pas son dessin. Trace à la souris (ou au doigt) la courbe que tu imagines, puis compare-la à la vraie.

Résoudre ax² + bx + c = 0

Chercher quand une parabole vaut zéro, c'est chercher où elle coupe l'axe horizontal. Il y a plusieurs outils ; ton cours en présente quatre. L'idée générale : factoriser, c'est-à-dire transformer la somme en un produit, car un produit vaut zéro dès qu'un de ses facteurs vaut zéro.

1. Les produits remarquables

Trois identités à reconnaître à vue : a² + 2ab + b² = (a + b)², a² − 2ab + b² = (a − b)² et a² − b² = (a − b)(a + b).

Exemple

x² − 9 = 0 ? C'est x² − 3², donc (x − 3)(x + 3) = 0, et les solutions sont x = 3 et x = −3.

2. La somme-produit (pour x² + px + q)

Quand le coefficient de vaut 1, on cherche deux nombres dont le produit vaut q et la somme vaut −p.

Exemple

x² − 5x + 6 = 0 : on cherche deux nombres dont le produit vaut 6 et la somme vaut 5 → 2 et 3 ! Donc (x − 2)(x − 3) = 0 et les solutions sont x = 2 et x = 3.

3. Compléter le carré

L'idée : transformer x² + bx en un carré presque parfait. Géométriquement, est un carré de côté x et bx est un rectangle. En coupant le rectangle en deux et en collant les moitiés autour du carré, il ne manque qu'un petit coin de côté b/2 pour former un grand carré : on l'ajoute et on l'enlève.

Exemple

x² + 6x + 5 = 0 → on complète : x² + 6x + 9 − 9 + 5 = 0, c'est-à-dire (x + 3)² − 4 = 0, donc (x + 3)² = 4 et x + 3 = ±2 : solutions x = −1 et x = −5.

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Compléter le carré… en image

La formule avec Δ — celle qui marche toujours

Les méthodes précédentes demandent de « voir » l'astuce. La formule du discriminant, elle, fonctionne à tous les coups, sans réfléchir. C'est ta ceinture de sécurité.

À retenir par cœur

Pour ax² + bx + c = 0, on calcule le discriminant :

Δ = b² − 4ac

Ensuite, trois cas possibles :

Δ > 0 : deux solutions x = −b ± Δ2a (la parabole coupe l'axe x deux fois)
Δ = 0 : une solution x = −b2a (la parabole touche l'axe en un seul point, son sommet)
Δ < 0 : aucune solution réelle (la parabole flotte au-dessus ou en dessous de l'axe sans jamais le toucher)

Exemple

2x² − 3x − 2 = 0 : Δ = (−3)² − 4 · 2 · (−2) = 9 + 16 = 25 > 0, donc deux solutions : x = 3 ± 54, c'est-à-dire x = 2 ou x = −12.

Piège fréquent

Prends bien b et c avec leur signe ! Dans 2x² − 3x − 2, on a b = −3 et c = −2 : −4ac = −4 · 2 · (−2) = +16, pas −16. Un signe oublié change tout le résultat.

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La machine à Δ

Entre les coefficients de ax² + bx + c = 0 et la machine te montre tout le raisonnement.

Les inéquations du 2e degré

Résoudre ax² + bx + c > 0, c'est demander : « où est-ce que la parabole est au-dessus de l'axe x ? » Deux étapes : on trouve les racines (là où elle coupe l'axe), puis on regarde le dessin.

La règle des signes

Un trinôme ax² + bx + c est du signe de a à l'extérieur des racines, et du signe opposé entre les racines.

Retenir avec le dessin : si a > 0, la parabole sourit ∪ — elle est positive sur les côtés et plonge sous l'axe entre ses deux racines.

Exemple

x² − 5x + 6 < 0 : les racines sont 2 et 3, et a = 1 > 0. Le trinôme est négatif entre les racines : S = ]2 ; 3[.

Astuce

Pas besoin d'apprendre le tableau par cœur : fais toujours un petit croquis de la parabole (sens ∪ ou ∩ + les racines) et lis la réponse directement sur ton dessin.

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Le même exemple, par tableau de signes

Reprenons x² − 5x + 6, factorisé en (x − 2)(x − 3). Le tableau de signes donne la même réponse que le croquis — c'est utile dès que la parabole a plus de deux facteurs ou qu'elle se mélange à d'autres expressions (chapitres 3 et 4). Choisis une inéquation en dessous du tableau :

Les équations « maquillées »

Certaines équations ne ressemblent pas à des équations du 2e degré… mais elles le sont en cachette. Deux déguisements classiques :

Les équations bicarrées : x⁴ et

Le truc : poser X = x². Alors x⁴ = X² et l'équation devient une simple équation du 2e degré en X.

Exemple

x⁴ − 13x² + 36 = 0 : avec X = x², on obtient X² − 13X + 36 = 0, dont les solutions sont X = 4 et X = 9. On revient à x : x² = 4x = ±2 ; x² = 9x = ±3. Quatre solutions : −3, −2, 2, 3.

Les équations avec des racines carrées

Le truc : isoler la racine carrée puis élever au carré les deux côtés pour la faire disparaître.

Piège fréquent

Élever au carré peut créer de fausses solutions ! Après avoir résolu, il faut vérifier chaque solution dans l'équation de départ et jeter celles qui ne marchent pas. C'est le piège préféré des examens.

À quoi ça sert ?

Dès qu'un problème parle d'aires, de dimensions multipliées entre elles ou de chute d'un objet, un apparaît — et donc une équation du 2e degré. La méthode est toujours la même : on nomme l'inconnue, on traduit l'énoncé en équation, on résout, puis on vérifie que la solution a un sens (une longueur négative, ça n'existe pas !).

Exemple type — le trottoir

Un terrain rectangulaire de 26 m × 30 m est entouré d'un trottoir de largeur constante x. L'aire du trottoir vaut 240 m². Quelle est sa largeur ?

Le grand rectangle (terrain + trottoir) mesure (26 + 2x) sur (30 + 2x) : on ajoute x de chaque côté, d'où le 2x. L'aire du trottoir, c'est le grand rectangle moins le terrain :

(26 + 2x)(30 + 2x) − 26 · 30 = 240 4x² + 112x − 240 = 0  ⟹  x² + 28x − 60 = 0 Δ = 784 + 240 = 1024  ⟹  √Δ = 32  ⟹  x = −28 ± 322

On trouve x = 2 ou x = −30. Une largeur négative n'existe pas : le trottoir mesure 2 m.

Interactif

Le trottoir — cherche la bonne largeur

Le plus beau : le rectangle d'or

Un rectangle est dit d'or si, en lui retirant un carré, le rectangle qui reste a exactement les mêmes proportions que le premier. Avec une largeur de 1 et une longueur L :

L1 = 1L − 1  ⟹  L(L − 1) = 1  ⟹  L² − L − 1 = 0 Δ = 1 + 4 = 5  ⟹  L = 1 + √52 ≈ 1,618

Ce nombre s'appelle le nombre d'or, noté φ (phi). On le retrouve dans le Parthénon, chez Léonard de Vinci, dans les coquillages et les tournesols. Et il sort tout simplement… d'une équation du 2e degré.

Visualisation

Le rectangle d'or et sa spirale

On retire un carré, puis un carré du rectangle restant, encore et encore. Quand L vaut exactement φ ≈ 1,618, ça marche à l'infini — chaque rectangle est une copie réduite du précédent. Change L et regarde la construction se détraquer.

À toi de jouer

Cinq questions sur les paraboles. Respire, tu as tout ce qu'il faut au-dessus.